Le contrôle parental sur les sites VOD

La directive « Services de médias audiovisuels » de l’UE, qui date de 2010, impose la mise en œuvre de mesures de protection des mineurs contre les programmes à caractère sexuel ou violent.

En France, les textes du CSA encadrent strictement les contenus de catégorie V (-18), mais restent flexibles sur le traitement des autres catégories (-16, -12 ou -10).

Mais en Belgique, le Gouvernement de la Communauté française a publié en 2013 un arrêté relatif à la protection des mineurs contre ce type de programme. Outre une signalétique standardisée des programmes pendant la totalié du visionnage (!), ce texte oblige les éditeurs de services télévisuels – y compris les éditeurs de sites VOD sur Internet (OTT dans le jargon)  – à mettre en place un verrouillage obligatoire des films classifiés (toutes catégories) et des bandes-annonces associées via un code parental. La seule souplesse du texte est de permettre à l’utilisateur majeur de régler le niveau à partir duquel le code parental est demandé (par défaut -12).

Le CSA belge consulte actuellement les éditeurs de service afin d’appliquer l’arrêté sans nuire au développement de ces services … ce qui semble difficile.

L’exemple des box

Une box FAI telle que la Freebox limite le contrôle à l’entrée d’un « code adulte » (PIN de 4 chiffres) nécessaire pour accéder aux contenus de catégorie V (-18). D’autres box permettent à l’utilisateur de régler le niveau à partir duquel le code sera demandé.

Certaines, telle la Xbox, offrent une notion de profil utilisateur (par exemple un pour le père, un pour la mère, un par enfant) et permettent de régler un niveau de contrôle par profil : y’y reviendrai un peu plus tard.

Mais sur le Web …

Dans un environnement fermé comme celui de la Xbox, la gestion des classifications de films ou de jeux est assez facile ; ce n’est pas la cas sur le Web. Techniquement, il existe bien une balise meta html pour le rating (pics-label) mais elle est totalement inutilisée (et inutilisable) : exit donc la voie déclarative.

La mise en place d’un contrôle parental sur un site VOD OTT constitue à la fois une opportunité de différentiation et un gros risque pour les éditeurs de ce site. Opportunité, car actuellement le contrôle parental est peu développé sur les sites Web VoD : un meilleur contrôle sur les vidéos visibles par des enfants peut être apprécié. Risque car toute contrainte supplémentaire au visionnage d’un film rend encore plus intéressante la consommation sur les sites pirates.

Dans le cas des sites de TVOD (location ou achat à l’unité), les services sont généralement explicitement réservés aux personnes majeures (puisqu’il faut payer par CB). Comme il n’y a pas de notion d’abonnement, la notion de profils multiples associés à un compte unique n’est pas utile (autant créer plusieurs comptes).

Le problème est plus délicat pour les sites de SVOD (VOD sur abonnement, VàDA en France) tels FilmoTV ou Netflix puisque l’abonnement est dans ce cas partagé par toute la famille. Imaginons une famille composée de papa (on va le supposer majeur), ado (16 ans) et boy (11 ans) : l’idéal serait pour papa d’interdire l’accès d’ado aux films -18 et l’accès de boy aux films -12.

En France

Je n’ai vu aucun code parental sur OCS Go. CanalPlay n’offre pas non plus de contrôle parental intégré au site et renvoie à des logiciels de contrôle d’accès tels que CyberPatrol, qui permettent en effet de restreindre l’accès à la section adulte du site.  FilmoTV offre un code parental facultatif, spécifiquement destiné à verrouiller l’accès aux programmes adultes, et qui vient en complément de la saisie obligatoire du mot de passe pour ce type de contenu.

Ces solutions ne permettent donc pas de gérer finement l’accès aux films pour chaque membre d’une famille.

Netflix

C’est en août 2013 que Netflix  a implémenté des profils dans son service US (et en décembre sur son application Android) pour optimiser la recommandation de films et permettre un contrôle parental précis.

Capture Netflix Who-s watching

La notion de profil est essentiellement utilisée pour permettre l’optimisation des recommandations Netflix, mais elle est également associée à un contrôle parental attendu par certains utilisateurs.

La protection ne va pas bien loin (sur un ordinateur en tout cas) puisque l’accès aux différents profils d’un même compte n’est pas protégé par un code, et donc qu’un enfant de 10 ans peut facilement sélectionner un profil adulte. Mais elle semble satisfaire la plupart des abonnés Netflix.

Conclusion

Une plateforme VOD qui désire se mettre en conformité avec les lois belges devra mettre en place une fonctionnalité de contrôle parental obligatoire par PIN de 4 chiffres, le seuil de déclenchement étant réglable par l’abonné, mais s’adressant à la famille complète.

Une contrainte formulée par ce texte belge semble inaccessible cependant pour un service d’abonnement sur le Web : il s’agit de pouvoir garantir que le code d’accès parental est exclusivement communiqué à une personne majeure.

Si la plateforme désire s’aligner sur les fonctionnalités de recommandation de Netflix et donc mettre en place des profils utilisateur, elle pourra en profiter pour créer un système de contrôle associé à chaque profil. Dans ce cas il lui faudra protéger la sélection d’un profil par l’entrée d’un PIN faisant office de code d’accès, et l’accès à la gestion de l’abonnement et des différents profils devra être également protégé par code. Avec bien sûr une gestion des PIN oubliés … Une complexité qui devra rester optionnelle si l’on ne veut pas organiser une fuite des utilsiateurs vers le sites pirates.

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